L’inquiétude grandit depuis plusieurs mois concernant les conditions d’accès aux matières premières critiques et la publication d’un rapport de la commission européenne le 17 juin sur le sujet a donné un (léger) coup de projecteur sur la problématique. Pas sur néanmoins que ce soit suffisant pour générer une réelle prise de conscience.
Rappelons rapidement la problématique, elle est simple dans son énoncé: fibres optiques, téléphones portables, panneaux solaires, semi-conducteurs, LED, écrans, batteries au lithium, etc, nécessitent pour leur fabrication, des métaux rares. Aujourd’hui, 14 de ces métaux (Antimoine, béryllium, cobalt, fluorine, gallium, germanium, graphite, indium, magnésium, niobium, platine, terres rares, tantale et tungstène) sont détenus dans des proportions majoritaires (de 40 à 95% !) par quelques pays, au premier rang desquels la Chine, le Brésil et la Russie … Sur les dix premières entreprises minières les exploitant, pas une n’est européenne. Il suffit de regarder la cartographie proposée par le Figaro.fr pour s’en convaincre:

Comme la Russie en son temps avec Gazprom, ou les pays du Golfe avec le pétrole, la Chine, entre autres, a aujourd’hui décidé de reprendre en mains la production des métaux stratégiques afin d’en contrôler les prix et les quantités exportées. Un argument de taille pour « peser » un peu plus dans les relations internationales (l’industrialisme de pénurie) et servir sa stratégie de puissance.
Le problème est pris très au sérieux, tant en Europe, qu’aux États-Unis. Des experts français, dont certains ont travaillé pour les industries minières russes ou chinoises, sont mis à contribution pour apporter leur clefs de lecture auprès du ministère de l’écologie de Jean-Louis Borloo. A vrai dire, des sites spécialisés avaient déjà identifiés ces enjeux il y a plusieurs années, soit pour les problématiques géopolitiques qu’ils soulèvent, soit pour les problématiques écologiques.
On retrouve d’ailleurs ici un aspect récent des nouveaux affrontements géoéconomiques, avec un glissement dans des champs multiples: économiques, politiques, mais aussi au sein de la société civile, avec dans ce cas, les mouvements écologiques.
Cet aspect sera tout à fait majeur afin de pouvoir anticiper les mouvements stratégiques a venir des producteurs de métaux rares et des pays qui les soutiennent.
Les acteurs des nouvelles technologies seraient bien inspirés d’identifier les liens entre les différents protagonistes (industriels, politiques, ONG, scientifiques …) et de prendre garde aux distorsions des analyses pour comprendre les évolutions du marché des matières premières indispensables à la production des produits innovants. Le montant des investissements associés et les prises de positions sur des technologies d’avenir représentent ici un enjeu considérable.




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